Adopter des gestes écologiques pour réduire son empreinte environnementale ou lutter contre le réchauffement climatique, c’est très bien. Sauf que certains de ces gestes sont moins écolo qu’on le croit.

Les gestes écologiques sont-ils tous bons ? Manifestement non. Certaines des habitudes prises en faveur de l’écologie ne sont pas aussi écoresponsables que cela. Mais on ne le sait pas si on ne s’est pas documenté sur le sujet. C’est le cas pour celles-ci…

1. Nettoyer bocaux, bouteilles et conserves avant de les trier

Nettoyer bouteilles en verre

À la maison, lorsqu’on trie les bouteilles, les bocaux et les conserves, on a tendance à les nettoyer avant de les mettre dans le sac PMC ou de les amener à la bulle à verre. De peur qu’ils soient éjectés de la ligne de tri. Stop ! Pour vous donner un exemple, Bruxelles Propreté parle de récipients : « Bien vidés, bien égouttés ou bien raclés ». En les rinçant, vous consommez de l’eau pour rien. Voire de l’énergie si vous le faites à l’eau chaude. Cette opération de nettoyage sera faite par le centre de recyclage.

2. Trier tous les plastiques

Le recyclage a un impact environnemental indéniable. Mais tout ne se recycle pas. Et le recyclage de certains déchets est très énergivore. Vouloir tout trier s’avère donc parfois contre-productif. Surtout quand on parle plastique.

Saviez-vous que seul le plastique des bouteilles, des flacons et de leurs bouchons se recycle ? Pas les autres ! Inutile donc de trier les films plastique alimentaires, les opercules des emballages, etc. Si vous voulez adopter un vrai geste écologique, bannissez totalement les emballages en plastique. Achetez en vrac, utilisez des contenants en tissu ou réutilisables et suivez nos 5 astuces pour devenir une famille zéro déchet.

3. Acheter un sapin de Noël artificiel

sapin de Noël artificiel

On croit souvent que le sapin artificiel est une bonne idée en matière de développement durable. Pour la simple raison qu’on peut le réutiliser plusieurs années. Une étude a toutefois montré que ce type de sapin doit être utilisé au moins 20 ans pour être vraiment écologique.

De plus, le sapin artificiel n’est pas biodégradable, contrairement à son cousin naturel. Il est constitué de matières plastiques à base de pétrole et de métaux. Et vient souvent d’Asie. Selon la même étude (cabinet Ellipsos), un sapin artificiel émet 8,1 kg de CO2 par an, contre 3,1 kg pour le sapin naturel qui est issu, lui, de l’Ardenne belge.

4. Réutiliser ses bouteilles d’eau en plastique

Soucieux de l’environnement, vous essayez de limiter le nombre de bouteilles en plastique que vous utilisez. Pour cela, vous réutilisez plusieurs fois la même. C’est mauvais non seulement pour la planète mais aussi pour votre santé. En effet, le plastique au contact de l’eau libère des solvants toxiques. Bref, comme nous l’avons écrit au point 2, le mieux est de bannir le plastique. Privilégiez les bouteilles ou les gourdes en inox ou en verre.

5. S’offrir une liseuse plutôt que des livres papier

liseuse

La déforestation, vous êtes contre. C’est pourquoi vous comptez acheter une liseuse (ou l’avez-vous déjà fait ?). En termes d’écologie, c’est une mauvaise idée. Les composants électroniques de l’appareil contiennent de nombreux métaux dont l’extraction et la fabrication polluent énormément. Bien plus qu’un livre ! 235 kg de CO2 pour la première, 1,3 kg pour le second. Vous pourriez lire durant 10 ans de bons livres papier (à raison de +/- 20/an) pour compenser la pollution de votre liseuse. De plus, le bois du papier est une ressource renouvelable, contrairement aux plastiques, métaux et minéraux de la liseuse.

On fait souvent le même reproche aux panneaux solaires. Moins de 5 années de production d’électricité solaire sont toutefois nécessaires pour compenser les gaz à effet serre libérés lors de la fabrication du panneau, pour une durée de vie générale de plus de 25 ans. Et selon les autorités, 1 000 kWh produits par une installation photovoltaïque permet d’éviter l’émission de 456 kg de CO2.

De plus, aujourd’hui, grâce à PV Cycle, l’association européenne du recyclage basée à Bruxelles, les panneaux défectueux ou usagés sont entièrement recyclés. Les différents éléments du panneau photovoltaïque sont séparés grâce à un traitement thermique. Silicium, aluminium, cuivre, argent, verre sont alors acheminés vers des sites de recyclage dédiés. Les semi-conducteurs, eux, peuvent être réemployés sur de nouveaux panneaux. Pour en savoir plus sur le cycle de vie des panneaux solaires et leur fabrication, consultez notre guide gratuit !

6. Ne jurer que par le bambou

Le bambou, lorsqu’il est issu de petites plantations certifiées, est un matériau écologique indéniable. Sauf que son succès a rendu les choses moins durables… La multiplication des vêtements, de la vaisselle, des matériaux de construction ou encore des brosses à dents en bambou a accentué le rythme de production. Un rythme intenable pour les petites exploitations. Résultat : de gigantesques plantations ont vu le jour en Asie… en lieu et place de nombreuses forêts. Sans parler de la transformation des fibres de bambou à l’aide de sulfure d’hydrogène ou de soude. Bref, lorsque vous achetez un accessoire ou un vêtement à base de bambou, vérifiez bien sa certification !

Le bambou est aussi un matériau de plus en plus utilisé dans l’isolation des maisons. Soyez donc aussi attentif si vous le choisissez pour construire votre future maison Q-Zen (quasi neutre en énergie), la nouvelle norme de construction européenne à partir de 2021, ou votre géonef, en matériaux de récupération ;-).

7. Faire confiance aux cosmétiques sans perturbateurs endocriniens

production cosmétiques

S’ils sont sans parabens, sans sels d’aluminium ou se vantent d’être à base d’extraits naturels, nos cosmétiques sont forcément « 100 % naturel ». Eh bien non ! Certains peuvent malgré tout contenir des huiles polluantes comme l’huile de palme, par exemple. Et une foule d’autres ingrédients dont nous ignorons tous réellement l’impact sur l’environnement et la santé.

La solution ? Fabriquer ses cosmétiques soi-même à base d’ingrédients alimentaires comme l’avocat, le soja. Le Net regorge de recettes. Évitez aussi d’utiliser des éponges artificielles dont les procédés de production sont très énergivores et sont peu biodégradables. Préférez-leur l’éponge de mer naturelle ou le loofah, l’éponge végétale écolo qui fait partie de la famille des courges.

Manger des avocats

On présente souvent l’avocat comme un aliment « santé ». Sa consommation a donc tout naturellement connu un véritable boom ces dernières années. Revers de la médaille : une déforestation massive des forêts de pins au Mexique, premier producteur mondial. En 30 ans, les plantations sont passées de 31 000 à 118 000 hectares ! La faune de ces forêts est aussi menacée : papillons monarques, oiseaux rares, coyotes, etc. Par ailleurs, les pesticides utilisés dans les plantations polluent les nappes phréatiques. Des nappes qui s’assèchent à cause des grandes quantités d’eau consommées par les avocatiers.

Alors, le(s)quel(s) de ces gestes faites-vous et ne ferez-vous plus ?

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