La ville intelligente de demain va au-delà de la digitalisation. Sa construction doit également passer par une meilleure production et utilisation de l’énergie.

À ce titre, la smart city est une composante essentielle de la transition énergétique, selon Bruno Noto, Business Developer Innovation chez ENGIE. Il nous explique à quel point le potentiel de la ville énergétiquement intelligente est immense…

Qu’est-ce donc une ville énergétiquement intelligente ?

Bruno Noto : «C’est plein de choses (sourire) ! Les évolutions technologiques auxquelles doivent faire face les villes et communes touchent à de nombreux domaines et engendrent de nouveaux défis en termes de durabilité, de mobilité ou de sécurité. Rendre une ville intelligente du point de vue énergétique, c’est l’inscrire dans la transition énergétique avec pour objectif final la réduction de ses émissions de gaz carbonique.»

Et plus concrètement ?

B. N. : «Prenons par exemple la performance énergétique des bâtiments. De nombreuses villes disposent d’infrastructures vieillissantes, très gourmandes en énergie. Elles doivent donc absolument prendre ce paramètre en compte dans leur développement. Un contrat de performance énergétique, notamment, peut les y aider. Il s’agit d’une convention globale sur le long terme qui comprend une analyse des données de consommation, par exemple par le placement de capteurs, mais aussi la réalisation de travaux d’isolation ou l’intégration des énergies renouvelables, telles que l’éolien et surtout, dans un environnement urbain, le photovoltaïque. Cette gestion globale de l’énergie est essentielle. Nous pouvons en effet estimer les économies entre 12% et 53% selon les cas. C’est donc un investissement positif tant au point de vue écologique qu’économique.»

Un autre exemple ?

B. N. : «S’il est un domaine dans lequel les économies promises se vérifient, c’est celui de l’éclairage. En effet, c’est dans la très grande majorité des cas un véritable gouffre énergétique. Les gisements de réduction de coût y sont immenses, notamment grâce à la technologie LED. Cette technologie est une source majeure d’économie d’énergie. Elle est par ailleurs plus souple d’utilisation, notamment en combinaison avec des détecteurs de mouvement mais aussi pour mettre en valeur des bâtiments publics ou du patrimoine, comme la Grand Place et l’Hôtel de Ville de Bruxelles

Pour une ville, réduire intelligemment son empreinte écologique, ça passe aussi par la mobilité…

B. N. : «Tout à fait. L’engorgement des villes est non seulement un problème en termes de mobilité, mais surtout un cauchemar environnemental et de santé publique. Il faut donc améliorer les flux de mobilité. Des solutions existent déjà. Citons, par exemple, les caméras et logiciels de reconnaissance des plaques qui permettent entre autres de surveiller les accès aux zones à basses émissions ou des systèmes de trafic intelligent.»

En quoi cela consiste-t-il ?

N. : «Nous allons installer un tel système à Namur. Il vise à réduire le trafic entrant vers le centre-ville. Des messages seront affichés en temps réel sur les axes autoroutiers menant à la ville, incitant les automobilistes à recourir à la multimodalité, à savoir utiliser différents moyens de transport à leur disposition, notamment le bus via un partenariat avec le TEC. Le smartphone devient ainsi, via une application, l’assistant personnel de mobilité. Il permettra bientôt à tout usager de connaître à tout instant l’engorgement d’un centre urbain et donc de gérer au mieux la complexité de son trajet.»

La mobilité du futur, ce sera aussi l’électrique ?

B. N. : «Dans deux décennies, toutes les voitures neuves devraient fonctionner sans émissions de gaz à effet de serre. Le parc automobile devra donc être en grande partie électrique. Cela nécessitera par conséquent le développement dans les villes d’une infrastructure de charge pour ces véhicules électriques. Il faudra pouvoir en permanence mesurer et analyser comment et à quelle fréquence ces bornes seront utilisées pour pouvoir adapter le réseau et donc la production et la distribution d’électricité.»

La smart city élargit le champ des possibles. Grâce à des solutions énergétiques innovantes qui assurent sécurité et efficacité. Aux pouvoirs publics, entreprises et citoyens à la bâtir…

Visionnez également l’interview vidéo avec Bruno Noto !

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