Vous suivez attentivement l’évolution des cours de l’énergie, qui constitue l’un des principaux postes de frais de la plupart des entreprises. À quoi pouvez-vous vous attendre pour les mois à venir ?

De nombreux facteurs externes influencent les prix sur les bourses de l’énergie.  Suivre ces marchés peut dès lors vous permettre de conclure un contrat d’énergie au bon moment et procurer un avantage compétitif à votre entreprise.  D’autant plus que, comme en atteste une récente étude de la CREG, l’autorité fédérale de supervision du marché énergétique(1), certaines industries électro-intensives implantées en Belgique sont parfois pénalisées par rapport aux pays voisins à cause d’une législation moins favorable au niveau des taxes, surcharges ou systèmes de certificats.

Autant de bonnes raisons pour suivre facilement les événements sur le marché de l’énergie et prendre une décision d’achat opportune au bon moment.

Inscrivez-vous au webinar sur les marchés de l’énergie (21 septembre à 10h30)

Tendances géopolitiques: quel impact sur le marché de l’énergie ?

Pour anticiper les futurs développements des cours, il convient d’abord d’observer les évolutions géopolitiques. Celles-ci peuvent avoir un impact important sur l’offre et la demande, ce qui n’est pas sans conséquences sur les prix. Prenez l’élection d’Emmanuel Macron en France.

Stéphane Pirotte. Expert marché chez ENGIE

« Le choix d’un président pro-européen a constitué un contrepoids important au Brexit: elle fait revenir de la confiance, ce qui peut stimuler la croissance économique et donc la demande d’énergie », analyse Stéphane Pirotte, expert du marché chez ENGIE.

Le Brexit lui-même n’a toutefois pas encore eu d’influence notable sur le marché de l’énergie.

« Ces six derniers mois, l’économie britannique a même enregistré une croissance, même si les choses pourraient se précipiter en l’absence d’accord avec l’UE », poursuit Stéphane.

Il faut y ajouter l’élection de Donald Trump aux États-Unis. Pendant les six premiers mois de son mandat, l’économie américaine a affiché une forte croissance, surtout dans l’attente d’une baisse de l’impôt des sociétés. Problème: cette croissance semble légèrement se tasser alors que chaque tentative de réforme échoue avant même son adoption.

Énergie plus chère ou moins chère ?

Le cours du pétrole avait nettement rebondi depuis 2016

Après le léger repli de ces derniers mois, il fluctue autour des 50 dollars.

« Sauf grosse crise géopolitique, il ne faut pas attendre de nouvelle hausse des cours du pétrole, poursuit Stéphane. On prévoit plutôt un baril stable, voire en légère baisse. La prolongation des limitations de production par l’OPEP n’a pas entraîné de hausse des prix. Et sous l’effet de la politique énergétique du président Trump, les États-Unis ont rouvert les vannes de pétrole et de gaz. »

Qu’en est-il du gaz ?

Sous l’impulsion des producteurs d’électricité surtout, la demande de gaz naturel est en hausse, même si l’offre suit aisément. L’approvisionnement depuis la Norvège et la Russie tourne à plein régime, tandis que les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe reprennent. Plusieurs facteurs pourraient cependant affecter l’offre future : les sanctions des états du Golfe contre le Qatar, la limitation de la capacité de production à Groningen (Pays-Bas) et la décision de fermer le plus grand site de stockage souterrain en Grande-Bretagne.

« Il n’y a donc à priori aucune raison de tabler sur une baisse des prix du gaz », note encore l’expert d’ENGIE. « Cela exigerait en effet une augmentation significative du nombre de navires qui viennent livrer du GNL en Europe, ainsi qu’un ralentissement de la croissance de la demande. »

Une hausse des prix de l’électricité est plus vraisemblable

La pénurie d’eau pèse sur la production des grandes centrales hydroélectriques du sud de l’Europe et a imposé la mise à l’arrêt de centrales nucléaires, notamment en France. En Belgique, la production de l’énergie nucléaire reste à niveau. Mais ce n’est donc pas le cas outre-Quiévrain, raison pour laquelle les prix demeurent élevés dans notre pays. Et les inquiétudes autour de la disponibilité du parc nucléaire français se sont encore amplifiées ces dernières semaines suite à la demande de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) en France de procéder au contrôle qualité de certains composants (fournis par un fabricant précis) dans certaines centrales nucléaires. L’évolution de la situation en France restera l’élément majeur à suivre ces prochains jours.

« En outre, les futurs prix de l’électricité seront beaucoup plus largement touchés par les énergies renouvelables, elles-mêmes très tributaires des conditions météorologiques », conclut Stéphane Pirotte. « Les fluctuations de prix et la prime de risque pourraient accompagner la hausse de la part des énergies renouvelables. »

Inscrivez-vous au webinar sur les marchés de l’énergie

Quels ont été les événements majeurs sur le marché de l’énergie ces derniers mois ? Comment ont-ils influencé les prix ? Et que faut-il attendre pour les mois à venir ? Chaque trimestre, les spécialistes d’ENGIE répondent à ces questions lors d’un webinar. La prochaine session est prévue le 21 septembre à 10h30.

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(1) Source: http://creg.be/fr/publications/etude-div-20170330

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