Pour notre approvisionnement énergétique, les centrales au gaz sont mises en service en dernier lieu. Il en résulte des unités avec des heures de fonctionnement réduites et donc non rentables dont la fermeture compromet pourtant la sécurité.

Sur le marché de l’électricité, en Belgique comme dans les pays voisins, les différentes technologies de production disponibles (charbon, gaz,..)  sont classées selon leur coût de production, du moins élevé au plus élevé. La loi interdit de prendre en compte les frais fixes. Afin de subvenir aux besoins en électricité du pays, le marché, c’est-à-dire l’offre et la demande, se base exclusivement sur le prix pour déterminer quelles centrales doivent être mises en service, et à quel moment ce déploiement doit intervenir. Les besoins en électricité et, par conséquent, la demande, varient d’heure en heure. D’un point de vue strictement économique, il est évident que le marché privilégie les centrales les moins chères.

Les prix de l’électricité ne tiennent donc pas compte des frais fixes et donnent lieu à une indemnisation partielle uniquement dans le cas où une unité plus chère est activée et détermine le prix. Toutes les unités de production obtiennent alors ce prix, même si celui-ci est supérieur à leurs coûts variables. C’est cette marge brute qui permet de compenser en partie les frais fixes. Le faible coût marginal des énergies renouvelables contribue à maintenir les prix de l’électricité à un niveau bas sur les marchés.

L’impact sur les centrales au gaz est double : (i) le nombre d’heures de fonctionnement est en forte diminution et (ii) les marges pendant les heures de fonctionnement sont réduites.

Le rôle de back-up dévolu aux centrales au gaz est un facteur susceptible de contribuer à la réussite de la transition énergétique

La transition énergétique marque le passage de technologies engendrant des frais de carburant à des technologies à faible émission de carbone et peu énergivores. Même si elles sont moins sollicitées, les centrales au gaz demeurent indispensables pour les périodes sans vent ni soleil. Ce rôle de  back-up dévolu aux centrales au gaz implique qu’elles soient indemnisées différemment.

La façon dont sont organisés les marchés n’est pas compatible avec la transition énergétique. À l’heure actuelle, les producteurs sont rétribués sur la base de l’électricité produite (en fonction des coûts de combustible), alors que la transition énergétique nécessite une indemnisation couvrant l’investissement.

D’où la nécessité de créer, parallèlement au marché de l’électricité, un second marché capable d’indemniser aussi bien les frais variables que les frais fixes.

Il existe déjà chez nos voisins un marché couvrant les frais fixes. C’est ce que l’on appelle un marché de capacité, à savoir un système permettant de maintenir sur le marché une centrale nécessaire à la sécurité d’approvisionnement sans qu’il faille tenir compte de ses heures de fonctionnement ni des marges afférentes au marché de l’électricité traditionnel.

Les centrales au gaz sont à la fois capables d’intervenir pendant les périodes de pic de consommation et d’offrir une alternative à la versatilité des sources d’énergies renouvelables. Nous avons besoin de centrales flexibles à capacité modulable, capables de livrer rapidement et précisément la capacité supplémentaire requise. Les centrales au gaz correspondent parfaitement à cette description. Parmi toutes les centrales dont la disponibilité est garantie, ce sont elles qui émettent le moins de CO2.

Dans un marché de capacité, il est possible de continuer à augmenter la part des énergies renouvelables sans nuire à la rentabilité des centrales faisant office de back-up. C’est exactement ce dont a besoin la transition énergétique pour réussir.

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