Lorsqu’on pense véhicule électrique, on pense citadine ou voiture familiale, rarement utilitaire. Pourtant, le marché de l’utilitaire électrique a bondi, les modèles se multiplient et ce n’est qu’un début…

Longtemps, les utilitaires électriques légers étaient très discrets. Mais depuis 2 ans, le marché s’enflamme. «Les entreprises sont devenues plus soucieuses de l’environnement et la mise en place d’un plan de mobilité verte fait clairement partie de leur priorité, justifie Audrey Thom, Business Developer Electric Mobility Team chez ENGIE. À côté de cela, les constructeurs sont de plus en plus nombreux à commercialiser des utilitaires électriques performants.»

120 immatriculations en 2017, 220 en 2018

Sur la route, si rien ne distingue, par exemple, une Renault Kangoo Z.E. d’une Renault Kangoo thermique, les chiffres des immatriculations sont éloquents. Ainsi, selon la Febiac, le marché de l’utilitaire électrique a quasi doublé en un an. En 2017, la Belgique enregistrait 120 véhicules utilitaires électriques immatriculés ; en 2018, ils étaient 220 ! Soit une augmentation de 83%. Il y a clairement une avancée pour les véhicules utilitaires électriques.

Beaucoup d’utilitaires parcourent de faibles distances, en milieu urbain. Dès lors, le confort de conduite et la propreté des véhicules électriques séduisent les entreprises. DHL, par exemple, y a recours pour ses livraisons à Bruxelles. Chez ENGIE aussi, nombres d’utilitaires thermiques ont été remplacés par des électriques. «Chaque année, nous augmentons la part d’utilitaires légers électriques dans notre flotte, confirme Audrey Thom. En 2018, nous avons remplacé 40 utilitaires thermiques par des électriques, ce qui représente 20% de nouveaux véhicules. Nous en prévoyons 60 cette année.»

Des utilitaires légers mais aussi des plus gros volumes

Jusqu’ici, les utilitaires électriques étaient principalement des utilitaires légers. Notamment à cause de l’autonomie. «La température extérieurs, le poids de charge, le style de conduite et les types de trajet influencent l’autonomie des véhicules électriques, souligne Audrey Thom. Les plus gros volumes souffrent donc d’un manque d’autonomie. » Ainsi, alors que des légers comme les Renault Kangoo Z.E, Peugeot Partner Tepee et Nissan eNV200 affichent jusqu’à 200 km d’autonomie, le eVito de Mercedes et le e-Crafter chez Volkswagen, sortis tous deux en 2018, annoncent 150 km d’autonomie pour le premier et entre 100 km et 130 km pour le second. Reste à savoir si les Citroën Jumpy et Peugeot Expert, annoncés pour 2020, feront mieux.

Toutefois, pour convaincre les sceptiques, Renault a mis en place un simulateur, basé sur son modèle Master Z.E. (120 km) pour permettre aux usagers de calculer selon la vitesse, la température extérieure et la charge du véhicule, l’autonomie de celui-ci en situation. « C’est vrai qu’il faut s’adapter à cette contrainte de l’autonomie, témoigne Bjorn Meyers, chef de chantier chez ENGIE Fabricom. Mais c’est juste une habitude à prendre. Comme vous avez toujours un œil dessus, vous roulez finalement moins vite et votre conduite est moins agressive. Finalement, c’est positif. Il faut oublier les idées reçues sur les voitures électriques que l’on peut avoir avant d’essayer. »

Quoi qu’il en soit, l’arrivée des plus gros volumes devraient contribuer, c’est certain, à une nouvelle augmentation des immatriculations des utilitaires électriques cette année.

Quid du prix de l’utilitaire électrique ?

Aujourd’hui, que ce soit à l’achat ou en leasing, choisir un véhicule utilitaire électrique reste plus cher.

«C’est vrai, confirme Audrey Thom. Toutefois, tout indique qu’il y aura dans les prochains mois et années une baisse du coût total des véhicules utilitaires électriques. Le prix des batteries va diminuer. Dans les 3 ans à venir, le prix s’approchera de celui d’un diesel.» Michel Torton, Sales Manager VAN Lease & Special Markets chez ALD Automotive Belgium va dans le même sens : «Il y a désormais une réelle demande pour ce type de véhicule et les constructeurs ont la volonté d’avancer en ce sens.»

Et pour les bornes de rechargement ? « Il faut compter, en moyenne 1 300 €, livraison et installation comprise pour un modèle intelligent », précise Audrey Thom. Leur installation est aussi plus simple qu’on le pense.

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